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Vers une énergie bien plus chère

Rappelons, que la molécule de  gaz ou l’électron d’électricité n’a pas de prix. Nous ne payons pas la nature pour ce qu’elle a produit. Par contre nous payons l’ensemble de la chaine de valeur qui a permis d’extraire, de transformer, de transporter la matière pour la transformer en énergie jusqu’à nos sites.

Aujourd’hui l’énergie s’échange sur des places financières : EEX[1]. Le prix est fixé par le principe de l’offre et la demande.

Nous connaissons trois paramètres majeurs qui expliquent cette hausse brutale et durable des prix.

  1. la reprise économique suite à la fin du Covid-19 a était le déclencheur de la hausse brutale des prix. En janvier 2020, lorsque le monde économique été paralysé, le gaz naturel pouvait s’échanger  à 12€/Mwh aujourd’hui nous sommes installés durablement au-dessus de 90 €/Mwh.
  2. le risque de corrosion de certaines centrales nucléaire françaises a contraint EDF d’arrêter de nombreux réacteurs conduisant à une baisse de l’offre et donc une augmentation des prix. Nous pouvons qualifier cet évènement de déclencheur à moyen terme d’une augmentation des prix.
  3. le troisième  paramètre indiscutable favorisant une volatile  importante et une hausse des prix durable est « l’embargo » qui a été décidé de mettre en place contre la Russie et donc contre le gaz Russe, premier fournisseur européen de gaz. Il est fort probable que l’Europe devra durablement se passer du Gaz Russe.

L’Europe doit donc trouver de nouvelles alternatives au gaz naturel ou de nouveaux fournisseurs au gaz russe, principalement grâce au GNL. Ce procédé de transport du gaz naturel est bien plus complexe que le transport par gazoduc, nécessitant une chimie de pointe et ne s’avère pas sans risque[2]. Le transport qui représente, hors spéculation,  le coût le plus important risque d’exploser avec la fin du transport par Gazoduc. De plus, l’offre en GNL va avoir du mal à satisfaire l’ensemble de la demande mondiale par une production limitée.

Actuellement l’ensemble du monde à des stocks de gaz suffisamment important pour faire face à l’hiver 2022. Par contre, début 2023, lorsque les stocks seront épuisés nous craignons une nouvelle hausse des prix face à une forte demande.

D’autre part, soulignons que désormais le Gaz Naturel est bien carboné[3] car il voyage en méthaniers qui consomment du fuel issu du pétrole.

L’effet d’un gaz cher, est une électricité chère, car de nombreux pays de l’UE brulent du gaz pour fabriquer de l’électricité[4], inévitablement une augmentation du prix du gaz entraine une augmentation des prix de l’électricité. Même en retrouvant nos capacité de production, il est fort probable que le Mwh d’électricité restera cher durablement.


[1] https://www.eex.com/

[2] Incendie dans un terminal américain :https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/gnl-un-incendie-dans-un-terminal-americain-menace-les-approvisionnements-europeens-1412153

[3] L’UE considéré le Gaz Naturel « fossile » comme une source d’énergie propre : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/climat-le-oui-mais-de-leurope-aux-centrales-a-gaz-suscite-la-controverse-1377210

[4] https://www.connaissancedesenergies.org/le-mix-electrique-de-lunion-europeenne-en-2020-220218